sous la soutane, un virulent agitateur politique

 

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Louis Bonneau était un drôle de bonhomme[1]. Qu’est-ce qui avait bien pu pousser ce curé de Saint Aubin en Gâtine à se travestir en jeune homme à la mode, redingote bleue, chapeau élégant, chemise plissée, cravate noire, pantalon noir et souliers pairs, avant de se rendre le 25 mai 1832 à la foire de Chantemerle ? Cet accoutrement au milieu des blouses de paysans ne passa pas inaperçu. Notamment aux yeux du capitaine Prohon, commandant un détachement de militaires stationné à Chantemerle. Aussi, lorsqu’il apprit qu’on venait de découvrir, accroché sur un arbre au bord d’un carrefour, une affiche séditieuse, cet officier pensa immédiatement à notre homme. On le retrouva sans peine au milieu des badauds de la foire. Sommé de décliner son identité, il s’y refusa obstinément. Conduit au poste de garde, il contesta avec virulence la légalité du traitement auquel on le soumettait.

Etait-il donc en position de force ? En fouillant ses poches, les gendarmes trouvèrent trois pages couvertes d’écrits politiques dont certaines phrases reprenaient mot pour mot l’affiche du carrefour. Quelques jours après, lors d’une perquisition dans la cure de Saint Paul en Gâtine, on découvrit, cachée entre les pages d’un bréviaire, une autre affiche presque identique à celle qui avait été apposée sur l’arbre de la forêt. C’était plus qu’il n’en fallait pour remettre Louis Bonneau entre les mains de la justice.

 

L’affiche séditieuse

Deux ans plus tôt, la Révolution de juillet avait renversé le roi Charles X, qui, forcé d’abdiquer, avait désigné pour lui succéder son petit-fils Henri, un enfant de 12 ans. Mais les Parisiens ne l’entendaient pas ainsi, et Louis-Philippe prit la place du jeune « Henri V » sur le trône de France. La branche cadette des Bourbons succédait à la branche aînée, légitime, et imprimait au gouvernement de la France une inspiration plus libérale après la dérive réactionnaire des années précédentes.

Au reste, le changement s’imprimait mieux encore dans la personne du nouveau roi. Avec une bonhomie et une simplicité calculées, (il n’aimait rien tant que ses promenades à pied dans Paris avec son haut-de-forme sur la tête et son parapluie sous le bras), il cultivait son rôle de roi-bourgeois. Privé par la Révolution de tous ses biens, il avait été obligé de travailler pour survivre, et lorsque la Restauration lui restitua une des premières fortunes d’Europe, il conserva une réputation d’avarice pas totalement usurpée. Esprit voltairien, il ne comptait pas sur la religion pour asseoir son pouvoir. Mais quand, à la faveur de la révolution bruxelloise, beaucoup de français voulurent renouer avec l’épopée napoléonienne et annexer la Belgique, il s’y opposa de toutes ses forces, prisant la paix plus que la gloire.

Le plus beau portrait de ce roi est sans doute celui de Victor Hugo dans Les Misérables :

« Louis-Philippe avait été beau, et, vieilli, était resté gracieux ; pas toujours agréé par la nation, il l’était toujours par la foule ; il plaisait. Il avait ce don, le charme. La majesté lui faisait défaut ; il ne portait ni la couronne, quoique roi, ni les cheveux blancs, quoique vieillard. Ses manières étaient du vieux  régime et ses habitudes, du nouveau, mélange du noble et du bourgeois qui convenait à 1830 ; Louis-Philippe était la transition régnante[2]... »

 

La proclamation clouée sur l’arbre de Chantermerle brossait un portrait bien différent :

VIVE HENRI V !

VENDEENS !

Celui qui enlèvera cette proclamation sera fusillé.

Il n’est pas nécessaire de vous rappeler de qui vous descendez, combien vous étiez heureux sous les Bourbons, toutes les fautes que vous ont faites ceux qui les ont chassés, et la misère profonde dont vous accable le gouvernement de Philippe ; mais ce qu’il faut vous dire, c’est ce qu’exigent votre religion, la justice, l’honneur, vos intérêts.

1° la Religion, si nécessaire aux grands et aux petits, aux riches, aux pauvres, aux savants, aux ignorants, est proscrite en espérance, persécutée par les libéraux qui ne cherchent que les moyens de la détruire. Philippe le premier fait la guerre au pape, et se déclare huguenot. Chassez ce monstre, rappelez Henri V qui a promis de rétablir la religion comme elle était il y a quarante ans, et qui donne lui-même dès son bas âge l’exemple de toutes les vertus.

2° la justice veut que la couronne revienne à Henri V, roi légitime, que Philippe en soit dépouillé, que cet usurpateur soit jugé et mis à mort comme traître et ses biens vendus au profit des pauvres.

3° l’honneur est trahi par ce scélérat, qui se soumet à toutes les humiliations que lui font endurer les puissances étrangères, qui embrasserait le cul d’un cosaque de peur d’être détrôné, tandis que la France a une armée immense qui meurt d’ennui et de honte et qui ne demande qu’à se battre.

4° vos intérêts sont sacrifiés par ce vieux lâche, cet avare. Depuis qu’il a volé la couronne, les impôts, la misère vous écrasent. Plus de commerce, plus d’ouvrage, plus de pain, tout est perdu. Henri V vous promet, si vous le rappelez, de diminuer les impôts de moitié, de supprimer celui du sel, d’arrêter le blé, de rétablir de commerce et de vous rendre heureux et libres.

Choisissez maintenant celui que vous aimez le mieux, ou de Philippe, le monstre, l’impie, le traître, l’avare, l’usurpateur, ou d’Henri V, jeune, aimable, pieux, charitable, héritier légitime du trône de Charles X, louis XIV et Henri IV, qui vous rendra les plus heureux et les plus tranquilles tandis que Philippe vous fera mourir de faim.

Vous voulez que votre malheur finisse, relevez le drapeau blanc, et criez : VIVE HENRI V !

 

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Proclamation qui fut clouée sur l'arbre de Chantemerle le 25 mai 1832

 

Ainsi, en quelques phrases, cette proclamation énumère tous les griefs des légitimistes contre Louis-Philippe et à sa politique. Et tous les motifs que les paysans de Chantemerle pourraient avoir de vouloir mettre un enfant sur le trône de France à la place du roi usurpateur.

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Louis Bonneau prétendait remplacer Louis-Phlippe, roi usurpateur...

  portrait du duc de Bordeaux par Drahonnet (musée de bordeaux)  

 ... par le seul héritier légitime au trône, un enfant de 10 ans 

 

De bien intéressants brouillons

Mais ce texte, avec toute sa véhémence, apparaît bien modéré à côté des brouillons trouvés dans la poche du prêtre. Ce n’est plus là l’écriture soignée de l’affiche, mais une écriture fine, nerveuse, rapide, surchargée de ratures, souvent difficile à déchiffrer. On pourrait croire qu’elles ne sont pas de la même main, si l’on ne songeait que la première avait été rédigée pour retenir l’œil des passants, quand la seconde porte toutes les marques d’un esprit enfiévré qui déverse sur le papier un trop-plein d’idées et de passion vengeresse.

Et sur quel ton ! « Quand Charles et le duc d’Angoulême eurent abdiqué la couronne, elle allait par droit de succession à Henri V de la même façon que vos biens passeront après votre mort à vos enfants. Mais une bande de voleurs, de traîtres s’en est emparée et l’a mise sur la tête du duc d’Orléans, qui ne devait être que le régent, c'est-à-dire le protecteur des droits et de la propriété de celui qu’on dépouillait. C’est donc un traître à son sang, un usurpateur du bien d’autrui qui est sur le trône et se dit insolemment roi des Français. Comme si les Français pouvaient mettre un scélérat à leur tête. Vous dites tous les jours : il faut que les affaires changent, ou tout est perdu. Le commerce est anéanti et nous sommes écrasés d’impôts. Comment faire pour y résister ? Comment voulez-vous après que les affaires aillent bien ? N’est-il pas clair comme le jour qu’il faut qu’elles changent, ou que tout est perdu ? L’injustice peut-elle produire la paix, la tranquillité, le bonheur ? non sans doute. Il est nécessaire que le roi légitime Henri V soit rétabli pour que nous puissions revoir le bon temps. Car sous Philippe, nous serons toujours écrasés d’impôts et sans commerce. C’est un avare qui n’en a jamais assez, qui fait l’argent de tout pour l’envoyer hors de France, qui s’est déclaré huguenot pour détruire la religion. Aux armes donc, pour le détruire lui-même auparavant. Nous sommes les plus nombreux, les plus forts. Dans cette Vendée militaire, ne sommes-nous pas à 100 contre un ? Ces soldats qui sont parmi nous, sont pour nous. Ils ne veulent que la paix, la gloire, le bonheur de la France, et nous ne voulons pas autre chose. Et peuvent-ils aimer un gouvernement composé d’une poignée de scélérats qui leur ordonnent de fuir devant les Anglais en Belgique, de cacher leur drapeau en < ?>, d’aller à la chasse à des Français, et qui cherchent à vendre une conquête, Alger. Peuvent-ils aimer les ennemis de la gloire ? non, mille fois non. Etc., etc. »

 

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une des pages de brouillons trouvées dans la poche de Bonneau le jour de son arrestation

 

Ailleurs, il s’indigne contre les persécutions religieuses : « Ici, que de choses à dire ! Des croix renversées, des églises profanées, démolies, des évêques, des prêtres attaqués, poursuivis, maltraités comme de vils criminels, Dieu lui-même outragé et traité en ennemi. La religion ( ?) nécessaire aux grands, aux petits, aux riches, aux pauvres, aux savants, aux ignorants, à tous, en un mot. Elle est proscrite en espérance par les hommes qui nous gouvernent. Etant de ceux qui ont guillotiné les prêtres, ils veulent surpasser leurs pères, Philippe à leur tête les encourage par son impiété. Henri V, au contraire, ne demande qu’à rendre à la religion son premier éclat, sa première splendeur. Elevé par des hommes d’une piété éclairée et solide, il répète à qui veut l’entendre qu’un roi doit mettre ses devoirs  de chrétien au-dessus de ceux qu’exige son caractère, ou plutôt les confondre, parce qu’on ne peut gouverner bien lorsqu’on néglige de servir Dieu et de le faire servir. Il dit bien, cet enfant du miracle. Il fera de même. Donc, notre devoir est de le proclamer Roi. »

Ou bien il s’alarme devant l’état où en deux ans la monarchie de Juillet a plongé la France. « La classe pauvre (et qui n’est pas pauvre aujourd'hui ?) ne peut plus vivre ; plus d’argent, plus d’ouvrage, plus de pain. Il vaut dans quelques endroits du bocage jusqu’à 50 centimes le kilo. Le blé commence à manquer. Ceux qui ont encore un peu d’argent n’en peuvent trouver, la loi qu’on vient de voter va encore augmenter la disette. Jamais nous n’aurions cru que le peuple pouvait descendre à un tel degré de misère, d’esclavage et d’abrutissement sans se lever contre des oppresseurs aussi vils et aussi faibles. Ce n’est pas que nous appelions la révolte. A Dieu ne plaise. Mais seulement nous voulons constater comment ce peuple-roi qui fait tant le fier est aisé à gouverner quand on veut lui tenir tête, le tromper, le narguer (...) Si les mariages et les naissances sont une preuve que le peuple est heureux et content, nous devons conclure que depuis la révolution de juillet tout bonheur a décru car il y a eu dans la Vendée depuis cette époque un bon tiers de moins de mariages et de naissances qu’auparavant, ce qui établirait une < ?> considérable de la population pour l’avenir si cet état de choses se perpétuait. »

Parfois, le polémiste s’attendrit devant son propre tableau : « Se peut-il que nos ennemis aient juré notre perte ? Ah ! que leur avons-nous fait ? nos souffrances et nos gémissements sont-ils donc des crimes ? nous leur donnons tout le fruit des sueurs et des larmes, que veulent-ils ? Est-ce du sang ? il y a longtemps qu’il coule... est-ce de l’or ? Qu’ils prennent tout et nous laissent tranquilles dans nos... Que faut-il pour les assouvir ? nos sueurs ? Il y a longtemps qu’ils s’en nourrissent. Si votre but est atteint, vous pourrez vous asseoir contre des cadavres et régner sur le néant. »

 Naturellement, l’objectivité n’est pas le souci principal du curé de Saint Paul, et les paysans de Chantemerle auraient eu du mal à reconnaître leur existence dans le récit qu’il en donne. La crise économique que vivait le pays faisait sans doute sentir ses effets jusqu’au fond du Poitou, mais elle avait commencé dès les dernières années du règne précédent, et certains y voient même une des causes de la Révolution de Juillet.

De même, Louis Bonneau peut dénoncer l’usurpation de la couronne royale par Louis-Philippe, son avarice, son indifférence pour la gloire. Les campagnes étaient parcourues de jeunes gens en armes qui avaient tiré le mauvais numéro à la conscription et, sous couvert de chouannerie, préféraient courirles bois plutôt que rejoindre leur régiment[i] ; le gouvernement, alarmé, avait envoyé contre eux de nombreux détachements militaires qui cantonnaient dans les bourgs.  Ainsi, en Vendée, est-on passé de 570 hommes en juillet 1830 à 4700 hommes en octobre 1832[ii]. Louis Bonneau peut estimer que l’armée aurait été mieux employée à faire la guerre à l’Europe plutôt que la chasse aux réfractaires.

Il peut également se plaindre à bon droit de la hausse des impôts : les contributions foncière, mobilière et personnelle, contribution sur les portes et fenêtres ont en effet augmenté du double, voire du triple. Il est vrai aussi que ces hausses pesaient principalement sur les grands propriétaires, jugées peu favorables au régime.

Enfin, les persécutions religieuses dont il se plaint ne sont pas non plus dénuées de fondement. A Souloir, dans l’arrondissement de Bressuire, à Mortagne, à Benêt, sous prétexte de faire la chasse aux fleurs de lys (symbole monarchique auquel Louis-Philippe avait dû renoncer), on mutile, on brise les croix auxquelles elles sont appliquées. Ces opérations se font sous la surveillance ou même avec la participation de la troupe. Parfois, elles rencontrent la résistance des habitants. « A Mareuil, les paysans montent la garde autour d’un calvaire. A Trémentines, la foule, conduite par le vicaire, met en fuite les soldats[iii] ». La nouvelle monarchie ayant adopté le drapeau tricolore, le drapeau blanc est interdit, jusque dans les processions religieuses. Aussi le maire de Viellevigne doit-il demander l’autorisation pour les enfants « comme cela se faisait sous l’empereur Napoléon, de porter en procession un mouchoir blanc au bout d’une gaule[iv]. »

Néanmoins, ce sont là des incidents fâcheux mais limités : les paysans se rendent à l’église comme auparavant et entendent dire la messe sans autre changement que le « Domine salvum fac regem Ludovicum Philippum », que certains d’ailleurs refusent de prononcer[v].

 Si on peut comprendre l’accusation d’impiété portée contre Louis-Philippe, celle de s’être « déclaré huguenot pour détruire la religion » est pour le moins surprenante. En janvier 1832, un colporteur avait mis en ébullition le bourg de Saint Julien de Vouvantes en propageant les nouvelles qu’il venait d’apprendre à Ancenis où elles étaient, assurait-il, placardées jusque devant la gendarmerie : il n’y avait plus de pape, le roi était protestant, le divorce était permis ainsi que la polygamie, et on imposerait aux Français la religion de Luther[vi].  L’allégation de Louis Bonneau est-elle un écho de cette rumeur absurde ?

Sur une page, le texte abandonne tout effort de composition, et se limite à une suite de mentions allusives, comme un simple pense-bête.

« La cruauté, l’intolérance sont le courage des lâches.

Conversation chez Macouin entre deux officiers : ordres secrets du général Solignac. Ce qu’il a dit.

Nouveau travail de la police. Offre fait à un paysan de 1500 Francs s’il voulait faire prendre des réfractaires. Soupçon grave sur Bouet. insuffisance des 60 000 hommes pour qu’il n’y ait pas de réfractaires. »

A l’évidence, ces brouillons n’étaient pas une fin en soi. Que comptait-il en faire ? Détail significatif : ils ont été trouvés sur lui lors de sa capture sur le champ de foire. Quelle imprudence, s’il ne pensait pas en faire usage ! Sans doute, pendant qu’il parcourait les allées de la foire sous son déguisement, guettait-il les premiers effets de sa proclamation clouée sur l’arbre : des conciliabules, un début d’agitation, des propos séditieux peut-être ? Ne comptait-il pas en profiter pour prendre la parole, ébranler les indécis, enflammer les convaincus, entraîner enfin la foule dans un grand mouvement d’insurrection ? On l’applaudirait, on pousserait des cris : « Vive Henri V ! », on répéterait les mots d’ordres de l’affiche. Hissé sur un tonneau, il foudroierait de son éloquence le monarque scélérat et son gouvernement de voleurs ! Pas un argument, pas une formule éclatante, en ce moment crucial, ne devait lui manquer : d’où les brouillons dans sa poche.

Espérait-il, tout seul, soulever la population de Chantemerle, et  celle de Vendée, avant d’entraîner la France entière ? Un passage paraît bien donner le secret de ses intentions.

« Souvenez-vous que l’armée française est la marraine de cet enfant innocent qu’on a dépouillé, que son auguste mère est une veuve pleine de charmes, qui a mille fois parcouru vos rangs en semant les bienfaits et l’enthousiasme, et qu’elle ne veut pas, pour rentrer en France, avec le Roi son fils, d’autre secours que le vôtre. Elle compte sur votre loyauté de Français, sur la justice de sa cause, sur la plus brave des armées de l’Europe, et sur vous, habitants du Bocage ! Ses espérances seront-elles trompées ? Refuserez-vous d’être libres et heureux ? Non ! non ! un cri sauveur va s’échapper : vive Henri V, notre roi légitime ! Vendéens, nous laisserons-nous ravir notre dernière espérance, cette religion sainte qui nous console et nous récompense ? Non, mille fois non ! Nous mourrons plutôt, s’il le faut. Nos pères combattaient pour Dieu et le Roi, nous suivrons leur exemple. Mais plus heureux qu’eux nous établirons sur son trône le descendant de Saint Louis. » Et un peu plus loin, cette phrase significative, quoique raturée (craignait-il d’en avoir trop dit ?) : « Son auguste mère, qui est au milieu de nous, en appelle à notre dévouement et à notre courage. »

« Qui est au milieu de nous » ? Rappelons-nous la date de l’événement : 25 mai 1832. Et soudain tout s’éclaire.

 

La folle équipée de la duchesse de Berry

Henri V était le fils du duc de Berry et de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile. Les deux époux se portaient mutuellement, par-dessus les infidélités de l’un et les jalousies de l’autre[vii], un attachement profond et une estime sincère auxquels nous refuserions sans doute aujourd'hui de donner le nom d’amour, mais on n’y regardait pas alors d’aussi près.

Quand le duc tomba en 1820 sous le couteau d’un assassin, le parti légitimiste, consterné devant la perspective de voir couronné le duc d’Orléans, Louis-Philippe, reprit espoir en apprenant que la jeune veuve était enceinte, puis exulta quand elle accoucha d’un fils : c’était « l’enfant du miracle », preuve vivante de la protection divine sur la branche aînée des Bourbons.

De Marie-Caroline, le portrait qui la peint le mieux, au physique, est sans doute celui qu’en a donné Louis XVIII: « En elle, rien n’est joli, mais tout est charmant[viii] ». Et, au moral, celui de l’homme qui sera son geôlier, quand la roue de la Fortune aura tourné : « Chez elle tout est naturel et instinct ; (...) Elle se laisse entraîner sans essayer de se retenir et se livre avec un abandon naïf, aussitôt qu’on lui a inspiré quelque confiance. Capable de supporter tous les dangers avec la patience et le courage d’un soldat, la moindre contradiction l’exaspère. Alors sa figure, naturellement pâle, s’anime ; elle crie et bondit, menace et pleure comme un enfant, puis, aussitôt qu’on a l’air de faire comme elle veut, elle sourit, s’apaise et vous tend la main[ix]. » 

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Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry

 

Charles X lui reproche son goût effréné pour les romans de Walter Scott[x]. En somme, imaginative, insouciante, capricieuse, exaltée, irréfléchie, fantasque, la duchesse de Berry était faite pour les grandes entreprises un peu folles qui ne réussissent qu’à coup de panache, d’en­thousiasme, d’étourderie et d’irresponsabilité.

En visite dans les départements de l’Ouest en 1828, sa vivacité, son charme et son sourire avaient conquis les Vendéens. « Le voyage devint une randonnée triomphale. Traversant les villes et les villages dans une rumeur de gloire, Marie-Caroline vécut une exaltation croissante. (...) émue, les yeux pleins de larmes de reconnaissance, elle regardait tous ces anciens combattants de la guerre des héros.[xi] ». Un soir, logée au château du marquis de Goulaine, elle trouva près de la veilleuse, dans sa chambre à coucher, un billet : « Reposez tranquille, la Vendée veille[xii]. » Aussi, au moment de quitter la contrée, son cœur s’exhala en des paroles curieusement prophétiques : « Mes amis, si de nouveaux orages venaient encore troubler l’avenir de notre belle patrie, c’est au milieu de vous que je voudrais reconquérir le trône de mon fils[xiii]. »

La Révolution qui éclata deux ans après la trouva fidèle à elle-même. Le roi et sa cour qui venaient de se réfugier à Versailles sur la rumeur que Paris marchait sur Saint-Cloud, eurent un moment de stupeur. Marie-Caroline venait d’apparaître dans le salon, habillée en homme, avec deux pistolets passés à la ceinture.

- Pourquoi cette tenue ? demande le roi.

- Pour défendre mes enfants dans le cas où l’on parviendrait jusqu’à eux.

Elle ne quittera cet accoutrement que sur le chemin de l’exil[xiv].

Puis, pendant deux ans, elle n’aura qu’une idée en tête : préparer le retour triomphal de son fils.

La Vendée, le Midi l’appellent, la pressent d’intervenir[xv]. Alors, elle s’entoure d’hommes qui partagent son ambition, et ensemble, ils échafaudent des plans[xvi].

On débarquerait d'abord à Marseille. Une soixante d’individus résolus soulèveraient la population méridionale, toujours prompte à s’enflammer, comme chacun sait. Puis ce serait le tour de la Vendée. « On aurait le premier jour un petit tiers bien décidé ; et après un succès présumable, le lendemain on aurait les deux tiers de la population en état de porter les armes, et le troisième jour, si les nouvelles sont bonnes, la population entière. » déclare Mme de La Rochejaquelein[xvii]. Avec cette armée de 25 000 hommes[xviii] levés de terre, on marcherait sur les troupes de ligne envoyées contre elle. La victoire serait aisément acquise, grâce au ralliement de plusieurs régiments. On se lancerait alors hardiment à la conquête des grandes villes de l’Ouest : La Rochelle, Nantes, Angers, Rennes. Bientôt, on établirait une barrière de fer depuis Pontorson jusqu’à La Rochelle. Et qui nous empêcherait de marcher sur Paris et planter le drapeau blanc sur le pavillon central des Tuileries[xix] ?

A la tête de cette armée improvisée, on avait choisi un soldat chevronné : le maréchal de Bourmont. C’était un de ces militaires royalistes assez malchanceux pour avoir l’âge où l’on fait sa carrière militaire pendant la Révolution et l’Empire. Mais c’était aussi une de ces âmes dans lesquelles l’intérêt personnel et les convictions politiques s’équilibrent harmo­nieu­sement, leur permet­tant de passer sans peine d’une fidélité à l’autre et de faire de chaque trahison un tremplin. Aussi, après avoir servi la France successivement dans la chouan­nerie et dans les armées de la Révolution et de l’Empire, il fut nommé général de division par Napoléon, avant de le trahir à Waterloo, et d’accéder, grâce au retour des rois, à la dignité de maréchal[xx].

Ici, il est permis de s’interroger sur la manière dont les conspirateurs eux-mêmes imaginaient le succès de leur entreprise. Voulaient-ils rappeler au Vendéen l’héroïsme de ses aînés, lui mettre sa faux dans les mains, et, à la faveur des horreurs de la guerre civile, replacer l’enfant légitime sur le trône ? Ou bien, espéraient-ils refaire le coup du départ de l’île d’Elbe, et retourner d’enthousiasme, comme avait fait l’autre, les soldats lancés contre eux ? Sans doute un peu de ces deux moyens, sans trop s’attarder sur chacun d’eux, de peur de se souvenir que le grand sacrifice des Vendéens de 1793 avait été payé d’un échec, et que les soldats avaient eu plus de raison en 1814 de retourner leurs armes pour le grand militaire qui les avait couverts de gloire, qu’ils n’en auraient aujourd'hui en faveur d’une femme, d’un enfant de 12 ans et du « traître de Waterloo ». Puis, les plus convaincus pouvaient dire avec Mme de La Rochejaquelein : « Dieu est là pour faire triompher plus tard la cause d’Henri car elle est celle de Dieu même[xxi]. »

 

Le 30 avril 1832 est pour Marie-Caroline le grand jour : celui où commence sa grande aventure. Cachée dans une cabane de pêcheurs devant Marseille, elle voit, le cœur battant, l’étendard fleurdelysé flotter sur l’église Saint Sauveur, elle entend sonner le tocsin, battre la générale[xxii]. Puis plus rien. Enfin, on lui apporte des nouvelles : une poignée d’insurgés a bien parcouru la Canebière en braillant, mais la population les a regardés passer sans bouger, avec un sourire goguenard. La petite bande arrive-t-elle devant l’hôtel de ville : l’officier fait croiser les baïonnettes, et tout ce petit monde se disperse.

C’est pire qu’un échec : un démenti. Mais il en faut plus à la duchesse de Berry pour se décourager :

- Messieurs, à la Vendée !

Le 4 mai, les chefs vendéens mis dans le secret de la conspiration apprennent la nouvelle : la duchesse est en France, l’heure du soulèvement est arrivé[xxiii] ! Ils lui envoient un messager chargé de montrer le pays plein d’espoir et d’ardeur[xxiv] : elle répond en fixant la prise d’armes à la nuit du 23 au 24 mai. En même temps, elle fait imprimer 20 000 exemplaires de proclamations dont le ton rappelle celui de Bonneau : « Contribuables de tous les rangs, de toutes les classes, répondez ! Vos impôts ne sont-ils pas le double de ce qu’ils étaient sous la Restauration ? Marchands, industriels, négociants, vos bénéfices ne se sont-ils pas changés en pertes ?... Français, vous demandez la gloire, la liberté. La légitimité peut seule les rendre à vos yeux.[xxv] ». ou encore : « Soldats ! la petite-fille de Henri IV vient vous demander votre appui ! [...] française et mère, je vous confie l’avenir de la France et les droits de mon fils. [...] je me place avec confiance au milieu de vous[xxvi]. » Bonneau a-t-il eu en mains une de ces proclamations ? Probablement pas, car très peu d’entre elles ont été distribuées. Mais ces idées étaient familières au milieu légitimiste, et c’est là sans doute qu’il les a prises.

Tout semble marcher à merveille. Pour passer inaperçue, Marie-Caroline enfile un pantalon de coutil et une blouse bleue ; une perruque et un bonnet de laine cachent ses cheveux ; elle noircit ses sourcils au cirage pour se donner l’air plus viril. Et sous le déguisement d’un jeune paysan nommé Petit-Pierre, elle va coucher la nuit dans les étables, chevaucher en croupe derrière un chouan, rester des jours entiers dans une cache, plaisanter les servantes abusées par son travestissement masculin. Comme la vie de conspirateur est amusante[xxvii] ! Et qu’il est drôle d’agir en homme et de jouer au pauvre !

Mais Marie-Caroline va tomber de haut. Dans la nuit du 21 mai, quand elle rencontre les chefs vendéens dans la ferme des Mesliers, à Legé, elle découvre qu’une minorité seulement d’entre eux est favorable au soulèvement.

- Hélas, Madame, votre présence dans le pays a lieu de nous étonner ; jamais il ne fut question de votre arrivée. Je crains bien que nous ne puissions rien entreprendre.

- N'avez-vous pas 15 000 hommes avec vous ?

- J’ai à peine quelques hommes à ma disposition... La guerre civile est en horreur à tous les partis, la haine n’existe plus, comme au temps des premières guerres... chacun pense à ses intérêts.

Un des partisans de la duchesse objecte :

- Dans le pays, l’on n’a pas grand-chose à perdre.

- Il est vrai, mais tout le monde ne raisonne pas comme vous..., celui qui n’a que 20 sols à perdre y est aussi sensible que celui qui perd 20 000 livres de rente.

­- Eh ! bien, s’exclame la duchesse, si la Vendée me rejette, j’irai en Bretagne ; Cadoudal m’y attend avec 50 000 hommes.

- nous ne vous rejetons pas, mais nous avons lieu de croire que Madame a été trompée au sujet de la Bretagne comme sur la Vendée.

- Messieurs, rappelez-vous la guerre de 93.

- En 93, observe M. de Guyon, les paysans furent chercher leurs chefs, tandis qu’en 1815, comme en 1832, les chefs furent et vont encore aujourd'hui chercher les paysans ; la différence est immense.

Cette fois, la duchesse est vaincue :

- Comment décommander (la prise d’armes prévue pour le 24 mai) ?

- C’est fait !

Et on lui montre le contrordre adressé le matin même aux chefs et signé : Bourmont. Il n’en avait même pas averti la duchesse[xxviii] !

Tout est-il fini ? Non ! Car le 23 mai, elle reçoit une lettre annonçant que « Tout le Midi est en feu ! » L’invraisemblance de la nouvelle ne l’effleure pas : la date du soulèvement sera reportée au 4 juin. Et plus rien ne la fera changer d’avis.

 

Malheureusement, le contrordre, trop tardif, n’est pas parvenu à tous les chefs disséminés dans les villages, et des combats nombreux éclatent ici et là à la date prévue. A Amailloux, entre Bressuire et Parthenay, une centaine[xxix] de chouans composés de conscrits réfractaires, de nobles et de bourgeois attaque une patrouille de soldats, puis se replie devant l’arrivée de renforts.

Louis Bonneau a-t-il connaissance de cet affrontement, distant d’une trentaine de kilomètres ? Faisait-il partie du petit nombre des conspirateurs auxquels était destiné le mot d’ordre de la duchesse de Berry ? Ou a-t-il été enrôlé par un de ceux-ci ? a-t-il été seulement atteint par la rumeur du soulèvement prévu ? Une seule chose n’est guère douteuse : son action n’est pas fortuite, et en s’efforçant le 25 mai de pousser à la révolte les paysans de Chantemerle et des environs, il comptait bien participer à un grand mouvement insurrectionnel.

Le second soulèvement, celui du 4 juin, n’eut pas beaucoup plus de succès que le premier. Des actions disparates, désordonnées, là encore, où quelques centaines de paysans armés surtout de faux et de bâtons s’attaquent ici et là à la troupe, et sont partout défaites. Au Chêne-en-Vieillevigne, le mouvement rencontre son Waterloo, dont le bilan donne la mesure de toute cette folle équipée : les soldats perdent 47 hommes, et les royalistes, 6[xxx].

Le 8 juin, tout est fini. Il ne reste plus à la duchesse qu’à abandonner son travestissement et se cacher à Nantes. Là, recluse dans une petite chambre, elle dissipe l’ennui en demandant leur aide à tous les souverains d’Europe.[xxxi]

Le 6 novembre 1832, 1200 hommes cernent l’îlot de maisons qui borde le château de Nantes et capturent la duchesse. On l’incarcère à la prison de Blaye, d’où elle sort six mois plus tard. Cette fois, ses illusions sont bien dissipées : « Quelle importance puis-je avoir dans le monde ? Mon rôle est fini[xxxii]» dit-elle.

 

Le jugement

 

Louis Bonneau comparut dans le bureau du juge d'instruction le jour même de l’insurrection du 4 juin. Malgré le ton de l’affiche et des brouillons, ce n’était pas un martyr de la cause légitimiste. Aussi s’efforça-t-il, avec une habileté méticuleuse, à nier tout ce qui pouvait l’être.

L’affiche placardée sur l’arbre de Chantemerle ?

Elle lui est tout à fait étrangère.

Les brouillons trouvés sur lui ?

En passant à Chantemerle, il avait en effet remarqué cette affiche, et l’avait lue plusieurs fois, pour mieux la graver dans sa mémoire.

Pourquoi l’apprendre par cœur ?

Pour la retranscrire sur papier, une fois rentré chez lui, et l’envoyer à un journal.

Espérait-il vraiment qu’un journal publierait un tel écrit ?

Le rédacteur eût fait comme il eût voulu.

Pourtant, plus qu’une retranscription, les brouillons semblent un tâtonnement pour arriver à la proclamation ?

Après avoir reproduit la proclamation autant que sa mémoire le permettait, il s’était amusé à la paraphraser pour voir ce qu’il aurait pu faire lui-même s’il avait eu le dessein d’écrire l’affiche.

Comment une autre affiche presque identique, et écrite de la même main, s’est-elle trouvée cachée chez lui dans un bréviaire ?

Il ne saurait le dire.

On imagine la moue tantôt dubitative, tantôt narquoise du juge d'instruction.

Trois mois plus tard, les jurés de la Cour d’Assises de Niort ne furent pas plus convaincus. Reconnu coupable d’être l’auteur de l’affiche, le prêtre fut condamné à 2 ans de prison.

Peu après sa libération, la duchesse de Berry, ‑ qui n’avait purgé, elle, que six mois de prison ‑,  avait livré son opinion, bien dans sa manière, sur toute son aventure : « Tout aurait réussi, si personne n’avait pas plus hésité que moi[xxxiii]. »

Au reste, tout n’est pas encore dit. Emile Gabory, le fameux historien des guerres de Vendée, apporte un éclairage nouveau : « Un abbé Bonneau, curé de Saint Paul en Gâtine, défenseur furieux du régime, puis déçu de ne pas obtenir la Légion d’honneur, comme l’a obtenue l’abbé Bénéteau, de Saint Jean de Monts, manifeste ses regrets d’avoir été l’un des premiers à arborer le drapeau tricolore. A la foire de Chantemerle, il circule habillé en bourgeois ; il prêche l’insurrection ; on le condamne à deux ans de prison[xxxiv]. »

Ainsi, la passion polémique de l’affiche, la fureur vengeresse des brouillons ne seraient que l’effet du dépit ? La sincérité de l’affiche et des brouillons n’est pas contestable, ni la haine de Louis-Philippe qui s’y étale. Mais toute cette haine ne serait qu’une blessure d’amour-propre ? Une haine bien recuite : un an plus tôt, le 16 juin, il se signalait déjà parmi les plus furieux, en déclarant qu’il suivrait les chouans dès qu’ils seraient en nombre suffisant[xxxv]. Des fanatiques par pur motif personnel, cela existe aussi, sans doute.

Décidément, ce Bonneau est un bien curieux personnage.

 

 

 

 

 


Notes

[1] L’histoire que l’on va raconter est tirée d’une affaire judiciaire dont les pièces sont conservées aux Archives Départementales des Deux-Sèvres, sous la cote 2U151

[2] Victor Hugo, Les Misérables, 4e partie, chapitre III (cité par Georges Bordonove, Louis-Philippe, Pygmalion, 1990, p. 7 et suiv.)



[i] Jean-Robert Colle, La chouannerie de 1832 dans les Deux-Sèvres et la Vendée orientale, 1948, p. 38.

[ii] Jean-Joel Brégeon, La duchesse de Berry, Tallandier, 2009, p. 198

[iii] Emile Gabory, Les Bourbons et la Vendée, Perrin, 1923, p. 194.

[iv] Emile Gabory, op. cit., p. 195

[v] Jean-Joël Brégeon, op. cit., p. 192

[vi] Thérèse Rouchette, la folle équipée de la duchesse de Berry, Centre vendéen de recherches historiques, 2004, p. 114

[vii] André Castelot, La duchesse de Berry, Perrin, 1964, p. 102 (la pagination mentionnée est celle d’une édition aux Presses de la Cité)

[viii] Thérèse Rouchette, op. cit., p. 23

[ix] André Castelot, op. cit., p. 82

[x] André Castelot, op. cit., p. 194

[xi] André Castelot, op. cit., pp. 182-183

[xii] Thérèse Rouchette, op. cit., p. 47

[xiii] André Castelot, op. cit., p. 183

[xiv] André Castelot, op. cit., p. 194 et 202

[xv] Emile Gabory, op. cit., p. 177

[xvi] Jean-Joël Brégeon, op. cit., p. 179

[xvii] Jean-Joël Brégeon, op. cit., p. 207

[xviii] Jean-Joël Brégeon, op. cit., p. 207

[xix] Emile Gabory, op. cit., p. 220

[xx] Thérèse Rouchette, op. cit., pp. 130-134

[xxi] Jean-Joël Brégeon, op. cit., p. 208

[xxii] Emile Gabory, op. cit., p.214

[xxiii] Emile Gabory, op. cit., p.220

[xxiv] Emile Gabory, op. cit., p.223

[xxv] Emile Gabory, op. cit., p.227

[xxvi] -Joël Brégeon, op. cit., p. 221

[xxvii] André Castelot, op. cit., p.226

[xxviii] Emile Gabory, op. cit., p.230-234

[xxix] Jean-Robert Colle, op. cit.,  pp. 106-107. L’auteur mentionne d'abord « 300 chouans », puis cite une lettre de l’officier qui reçoit les prisonniers et ne parle que d’une bande composée d’une « centaine de rebelles ».

[xxx] Thérèse Rouchette, op. cit., p. 271

[xxxi] Emile Gabory, op. cit., p.274

[xxxii] Emile Gabory, op. cit., p. 296

[xxxiii] Emile Gabory, op. cit., p. 296

[xxxiv] Emile Gabory, op. cit., pp. 315-316

[xxxv] Jean-Robert Colle, op. cit., p. 55

 

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